Je dédie ce témoignage à toutes celles et ceux qui souffrent en silence. Qui n’osent peut-être même plus exprimer leur souffrance. Qui sont encore dans les tourments. A qui on a tout détruit, jusqu’à leur identité. Qui ont été tellement brisées, qu’elles ne savent plus quelle est leur valeur ni ce que vaut leur vie.

Que ces mots puissent faire couler la grâce de Dieu sur ta vie.

Survivante de l’inceste, Jésus-Christ a complètement guéri mon psychisme de graves séquelles post-traumatiques 

Vers 8 ans, mon père, que j’aimais tant, a fait de moi un objet d’assouvissement sexuel jusqu’au jour où j’ai trouvé le courage de lui dire non : j’avais 15 ans.

Je suis le fruit d’un père orphelin et esclave moderne et d’une mère maltaise d’origine, qui a du fuir la guerre d’Algérie. Ces deux vies, ont choisi de s’unir. Leurs deux traumatismes ont eu pour conséquence de créer un foyer dysfonctionnel au sein duquel je naquis, en 1977.

A 10 ans, ma grand-mère maternelle est morte. Cette femme était le pilier de ma vie. Je passais toutes mes vacances depuis ma naissance chez mes grands-parents, à Montpellier. Je pense qu’elle avait pris la place d’une mère dans mon cœur.  Après sa mort, j’ai le souvenir d’un jour où, je me suis regardée dans le miroir, les yeux livides, je voyais une petite fille mais elle n’était plus dans son corps. J’ai compris plus tard (durant le processus de restauration) que la petite Stéphanie, qui était une enfant joyeuse, était morte de l’intérieur à la suite du choc émotionnel d’avoir perdue celle qui était mon seul rempart, ma bulle d’air face à ce que je vivais dans mon quotidien. Les psychologues parlent de « mort psychique ».

J’étais très seule. Ma famille n’avait aucune vie sociale. On ne parlait pas. IL n’y avait aucune manifestation d’amour. Je n’ai connu que des injonctions éducatives et le fait de devoir me débrouiller seule et m’occuper de mon petit frère. Tous les soirs, avant de m’endormir, je pleurais durant des heures jusqu’au spasme du sanglot que j’étouffais dans mon oreiller pour que personne ne m’entende. Un sentiment de vide m’habitait. Toutes mes nuits étaient un enfer. Je dormais pétrifiée sous ma couverture qui me servait alors de « barrière protectrice ». Si j’avais le malheur de me réveiller en pleine nuit, je ressentais des présences,  j’entendais des pas dans l’escalier ou des bruits qui me plongeaient dans un état d’angoisse intense. Lorsque je dormais, chaque nuit, le même cauchemar : je courrais inlassablement pour ne pas être rattrapée par des personnes qui cherchaient à me tuer ou bien je rêvais que je me battais contre quelqu’un mais que mes coups n’avaient aucune portée… Toutes mes nuits étaient ainsi.

Ma mère travaillait beaucoup, elle partait tôt et rentrait tard et était beaucoup plus proche de mon petit frère autiste. Elle n’avait jamais sû prendre soin de moi, ni m’aimer. A l’âge adulte, je compris bien tardivement qu’elle était aussi autiste, mais enfant, ses comportements à mon égard avaient creusés une plaie profonde dans mon coeur et plus tard, mon identité de femme. Mon père partait souvent à l’étranger à cause de son métier de transporteur et s’était très bien ainsi. Je redoutais ses retours à la maison car il allait « m’aimer » un peu trop.

Très docile vis-à-vis des adultes durant mon enfance, je suis entré dans l’adolescence avec la rébellion en guise de bannière, une rage contenue qui s’exprimait anarchiquement et dans la plus grande des confusions et une notion de l’amour complètement viciée, faisant de moi une proie pour tous les garçons en quête d’expériences qui croisaient mon chemin. Je n’avais rien ni personne pour me raccrocher, rejetée par une mère incapable de m’aimer et objet sexuel de mon père, je n’ai pu compter que sur moi-même pour construire ma propre protection.

Écorchée vive, complètement dissociée, et en état post-traumatique, je tentais de survivre.

A 17 ans j’avais déjà accumulé beaucoup de déboires dans les relations garçons-filles et j’ai rencontré le jeune homme qui deviendra plus tard le père de mes deux garçons. A partir du moment où j’ai commencé à ressentir une forme de rejet de sa part, quelque chose a fait que je me suis accrochée à lui. Plus il me rejetait, plus je devenais accroc. Nous sommes alors entré dans une relation passionnelle de type : « je t’aime moi non plus ». De culture berbère, les rassemblements de sa famille m’apportait ce à quoi j’aspirai. Ils m’ont adoptée, m’ont considérée comme leur propre fille. J’étais constamment chez lui, fuyant ma propre famille où régnait une ambiance morbide. J’étais déterminée à tirer un trait sur mon passé, fuir ma famille d’origine et construire mon propre cocon familial qui devait ressembler à l’image idéale que je m’en faisais : un foyer rempli d’amour, cet amour que je n’avais jamais reçu. 

C’est à ce moment que je perdis mon grand-père. Une colonne de plus qui s’effondrait.

Lorsque j’ai commencé à percevoir mon premier petit salaire, car j’avais débuté un BTS en alternance, j’ai pris logement dans un foyer social pour étudiant. Les parents de mon compagnon, l’ont alors poussé à s’installer avec moi et c’est ainsi que nous avons débuté notre vie de couple.

A peine quelques mois après mon installation, mon petit frère est mort dans un violent accident de train. Il avait 16 ans. J’avais déjà vécu deux deuils douloureux et j’avais vraiment l’impression que le malheur s’acharnait contre moi. Ce n’était pas qu’une impression d’ailleurs.

Je ne vivais pas, je survivais. J’avais la nette sensation de vivre un cauchemar éveillé, d’être étourdie par des coups invisibles.

J’étais en proie à des psychosomatisassions très virulentes, qui pouvaient me terrasser subitement et pour plusieurs semaines. Je voulais construire, mais j’étais comme condamnée à l’autodestruction… J’avais tout le panel des symptômes du Stress Post -Traumatique : dépression et fatigue chronique, douleurs physiques permanentes et diffuses, crises d’angoisses, hyper vigilance, troubles borderline …

Tout ceci cumulés à la haine de soi, une honte viscérale, une intense culpabilité, la confusion… Ma vie était une lutte intérieure incessante qui m’épuisait de l’intérieur bien que, de l’extérieur, rien ne paraissait. 

 

J’avais au fond de mon cœur une envie profonde d’aimer et d’être aimée, de vivre normalement, j’y aspirais, mais je n’en étais pas capable à cause des abus et de la négligence qui avaient saccagés mon âme, mon esprit et mon corps. Les psychologues s’entendent pour déclarer que « le viol est un meurtre sans cadavre » ou qu’il est « le meurtre de l’âme ».

« Avoir vécu l’inceste est tellement honteux, tellement tabou, que l’on essaie à tout prix que cela ne se sache jamais. Comme cela ne se voit pas extérieurement, il est possible de donner le change, de se construire une épaisse carapace qui deviendra plus tard une solide forteresse. »

Mais on a beau vouloir cacher… notre âme crie sa douleur par tous les moyens.

Dans tout ce chaos intérieur, j’avais, en parallèle, développé une culture du « perfectionnisme ». Excellente élève jusqu’au CE2, mes résultats scolaires ont commencés ensuite à chuter. J’avais gardé dans mon coeur, le désir de mon Papy de me voir réussir à l’école, ce qui m’a conduite à m’accrocher dans ma scolarité malgré mes lacunes : Bac, BTS puis Licence obtenue avec mention. Après une scolarité pour le moins atypique (4ème techno, BEP puis 1ère d’adaptation, BTS en alternance puis reprise d’une maîtrise plus tard en formation continue),  j’ai commencé mon vrai travail en 2002 (j’ai commencé à travailler en alternance depuis 1996 mais en 2002 ma « carrière pro » a vraiment commencé) au sein d’une Mission Locale, structure d’accompagnement pour les jeunes. Cette étape dans ma vie a vraiment été très structurante et m’a conduite dans une dynamique de croissance malgré les tourments intérieurs. Je devais donner aux autres, les porter, pour les amener à grandir et atteindre leurs objectifs. Cela a été très challengeant compte tenu d’où je venais, mais j’ai adoré ça immédiatement, j’avais trouvé ma voie, le coaching et plus tard la formation. 

A la naissance de mon premier fils en 2003, après 10 ans de vie commune, j’ai été submergée par une réminiscence émotionnelle tellement intense que j’ai alors décidé d’entamer un chemin de guérison et de rompre le silence envers mon compagnon et mes parents grâce aux encouragements d’une psychothérapeute qui m’avait conseillé le livre « Panser l’impensable » de Fernande Amblard. Je m’attendais à une réparation, à une mère qui aurait pour la première fois de vie pris ma défense, qui aurait pansée mes blessures mais rien ne s’est passé ainsi. Rien n’a changé. C’était encore plus terrible.

A partir de là, je suis passé de cabinets en cabinets, de thérapeutes en thérapeutes, sur une durée de plusieurs années. Je ne dirais pas que cela ne m’a pas aidé, mais aucun n’était véritablement formé à la prise en charge des victimes d’inceste, ce qui leur faisait commettre des impairs qui m’empêchait d’aller plus loin avec eux. J’étais particulièrement sensible à la « froideur thérapeutique », là où je cherchais de la chaleur humaine, de la compassion.

Je ressassais sans cesse intérieurement ce que j’avais vécu. Le trauma vivait avec moi au quotidien. Malgré le fait que j’avais un compagnon, mes enfants, une certaine stabilité et un travail que j’aimais et dans lequel je m’épanouissais véritablement, les tourments intérieurs étaient là en permanence et j’étais dans un perpétuel combat contre moi-même, contre la vie et contre les autres.

« Être survivante, c’est vivre un calvaire au quotidien que personne ne peut soupçonner. »

Tout va bien et puis d’un seul coup, on peut être submergée par une émotion trop forte ou un stress intense qui déclenche une somatisation (la douleur est réelle mais on ne trouve pas la cause car elle est psychosomatique) ou une crise d’angoisse. Le moindre geste, la moindre odeur, la moindre remarque ou intonation peut provoquer un tsunami interne, en lien avec la mémoire traumatique, et cela est totalement inconscient et hors de contrôle.

C’est vivre dans un enfer quotidien.

« Ils portent une blessure invisible, qu’ils ne peuvent oublier car c’est cela que le corps cicatrise le moins bien, les maladies qui n’ont pas de nom. Elles se taisent et n’osent rien avouer. » Yves Simon

 

Je voulais néanmoins comprendre pourquoi j’avais vécu tout cela. Pourquoi ma vie était gâchée à cause de ce que j’avais subi. Pourquoi moi ? Comme j’aimais Dieu de tout mon cœur depuis toute petite, je le cherchais désespérément dans tous les courants spirituels.

J’ai grandi dans la foi catholique, transmise par ma grand-mère maternelle, mais je l’ai rejetée à l’adolescence pour aller explorer l’islam puis les philosophies orientales comme le bouddhisme, l’hindouisme, … J’ai commencé à développer une passion pour la psychologie et le développement personnel car j’avais cette soif de comprendre mon fonctionnement pour le dépasser.

De fil en aiguille, je me suis retrouvée dans un chemin empreint de mysticisme mêlant parapsychologie, paranormal, ésotérisme, énergie universelle et new age. Je cherchais le but de mon existence, mélangé entre une quête de guérison et de spiritualité. Mon âme avait une soif insatiable et n’était jamais rassasiée. En 2004, une collègue m’a proposé de l’accompagner voir une voyante. Une porte s’est ouverte sur ce monde paranormal qui m’attirait de plus en plus. J’essayais tout et je voulais développer des dons parapsychiques mais sans succès. En 2008, j’ai tenu une boutique ésotérique pendant un an où je proposais des articles mais également des séances énergétiques, utilisant une technique de guérison et de libération à laquelle je m’étais formée auprès d’un « expert ». Je maniais le pendule et croyais à la réincarnation. Malgré le fait que je dialoguais depuis toujours avec Dieu dans mon coeur, Il était devenu une sorte d’énergie universelle. Je me définissais comme agnostique.

En 2010 mon père décède. Après avoir nié lorsque j’avais parlé, il m’avait demandé pardon quelques années auparavant. Juste avant sa mort, sur son lit d’hôpital alors qu’il était dans le comas, j’ai pu lui pardonner et formuler ces mots « Papa, je te pardonne ».

En 2011, après 17 ans de vie commune et 2 enfants, je me séparais de mon compagnon. Ce fut un choc terrible pour moi. Tout ce que j’avais construit, tout ce qui me tenait debout, tout ce qui me sécurisait, s’effondrait alors sous mes pieds. C’est ainsi que, devenue douloureusement maman à mi-temps, je fuyais mes moments seules pour sortir et faire de nouvelles rencontres masculines éphémères, ce qui me convenait très bien puisque je ne voulais plus m’attacher à qui que ce soit.

Cette période ne durera pas longtemps puisque début 2012 j’ai rencontré un homme dont l’attitude et les valeurs qui se dégageaient de sa personne, m’intriguaient. Au bout de quelques mois de fréquentations il m’offrit une Bible. Je dois avouer que ce cadeau ne m’a pas beaucoup emballée… j’avais l’impression d’avoir atteint une connaissance spirituelle si avancée et ce livre me paraissait si poussiéreux !

Finalement l’homme que je fréquentais a voulu me quitter car Il avait fait une rencontre avec Dieu… J’étais intriguée. Quel type d’homme était ce pour vouloir arrêter une relation au nom de Dieu ?

Alors voilà que par le plus grand des miracles, cela m’a donné soif de comprendre et j’ai commencé à lire la Bible.

A chaque fois que j’ouvrais le Livre, j’étais troublée par ce que je lisais. Je retrouvais des concepts utilisés dans les philosophies orientales et le new age mais avec beaucoup plus de profondeur et de vérité. Quand j’ai commencé à lire les Évangiles ça a été l’explosion dans mon coeur… ce Jésus que j’avais tant rejeté à l’adolescence possédait des qualités que j’avais complètement occultée malgré mes années de catéchisme et mes communions.

Je conservais dans ma pensée un souvenir d’un petit Jésus faible, impuissant, gentillet et j’ai découvert à travers mes lectures un homme puissant, affirmé, saint, rempli d’amour, de vérité, de fidélité et de justice… au fil de mes lectures je tombais de plus en plus amoureuse de ce Jésus que je redécouvrais et je prenais conscience de ma condition et de toute ma vie loin de Dieu, moi qui l’aimais tant !

Chaque mot que je lisais retentissaient alors comme des bombes dans mon cœur.

Durant cette période un passage biblique m’a particulièrement interpellée :

«Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l’Éternel; et c’est à cause de ces abominations que l’Éternel, ton Dieu, va chasser ces nations devant toi.» Deutéronome‬ ‭18:10-12‬

Les écailles de mes yeux sont tombées, j’ai alors vu mon état de péché, séparée de Dieu.

J’ai compris que tout ce que je pratiquais dans le new age (radiesthésie, lithothérapie, cartomancie, thérapies énergétiques, médiumnité, etc.) était une abomination devant Dieu, ce Dieu que j’aimais tant. J’étais bouleversée.

Un jour mon compagnon m’a demandé de l’accompagner dans une église évangélique. Je ne savais pas comment me tenir. Je n’avais pas l’habitude de cette pratique de la foi. Je n’osais pas regarder autour de moi. Puis, un chant m’a transpercée :  » Alors entend mon coeur » … Il exprimait tout ce que je ressentais au fond de moi pour Dieu. J’étais touchée.

Puis est arrivé un mardi soir, j’étais au travail et j’ai cherché une église évangélique sur internet. Lorsque je me suis présentée dans cette petite église évangélique locale, trouvée 2h avant sur le net, mon cœur était prêt. Ce petit comité accueillant, cette louange qui coulait directement du ciel…. Des larmes commencèrent à couler…. J’étais ébranlée mais essayais de me contenir face à ces inconnus.

C’est alors qu’en un instant JÉSUS m’est apparu.

C’est difficile de décrire ce qu’il s’est passé ensuite. Je n’ai pas vu son visage mais je voyais le pan de sa robe. Il était majestueux. Une lumière resplendissante entourait sa personne. La puissance qui émanait de Lui m’a touchée en plein cœur. Je n’ai eu aucun doute que c’était JESUS

J’étais face au ROI des rois

Pendant longtemps j’ai cru que j’étais tombée à terre mais en réalité j’étais bien tombée, mais depuis mon être intérieur. Je me suis affaissée devant cette PUISSANCE PURE D’AMOUR ET DE JUSTICE qui rayonnait de tout son être et qui changea le cours de mon existence à tout jamais. Ce soir là, sans vraiment rien comprendre à ce qui était en train de se passer, je donnais ma vie à Christ.

Je suis alors venu tous les dimanches, tous les mardis, et à chaque fois durant la louange, je pleurais toutes les larmes de mon corps en prenant conscience de toute ma vie dans le péché, mais surtout ma vie séparée du DIEU VIVANT, de mon PERE d’amour… c’était la repentance… ça a duré des mois… le GRAND NETTOYAGE avait lieu. Je prenais conscience que Dieu est une personne et qu’il est mon Père.

Convaincue de péché, je détruisais au fur et à mesure de la révélation de la vérité dans mon coeur, tous mes livres et accessoires mystiques, new age, de guérison énergétique, etc. Je compris alors que toutes les pratiques que je pensais accomplir dans la volonté de Dieu n’étaient en réalité que de l’occultisme et servait les intérêts du royaume de Satan. Sept mois plus tard je prenais mon baptême d’eau et trois mois encore plus tard j’épousais l’homme qui m’avait offert la Bible…

Les voies de Dieu ne sont pas nos voies.

« Je vais te guérir.»

Quand cette parole a retentit dans mon cœur, je n’étais encore qu’une jeune convertie et jeune mariée sur son petit nuage rose, et je dois avouer que je ne l’ai pas comprise dans sa profondeur. J’ignorais encore tout du ministère de guérison en Christ et même de la puissance du Saint Esprit.

En 2015 notre fille naquit, et les tourments intérieurs commencèrent à revenir ! J’étais assaillie de pensées négatives et des vagues d’émotions et de dépression m’envahissaient à nouveau. Au début j’étais désemparée, je résistais, puis c’est en parlant avec le pasteur que j’ai fini par comprendre qu’un travail de délivrance et de restauration devait commencer. Mais j’étais loin d’imaginer le chemin que le Seigneur allait me faire emprunter.

J’ai arrêté toute activité professionnelle. Malgré mes tentatives je n’ai pas pu retrouver du travail jusqu’à ce que je comprenne que c’était la volonté de Dieu. Seule à la maison, je n’avais plus l’esprit occupé et j’ai dû me confronter à ce qui était en moi. Ce n’était pas rose du tout, effrayant même. Dieu m’a permis de revisiter chaque détail de ma vie. Il a réalisé un travail chirurgical dans mon être intérieur. Il a arraché toutes les racines d’amertume, de confusion, de rébellion, d’injustice, de haine, d’abandon, de trahison, d’humiliation, de rejet, de peur etc…

Bible en main, j’ai dû affronter la vérité. J’ai dû, avec la lumière du Saint-Esprit, me confronter à ce qu’il y avait à l’intérieur de moi pour découvrir qui j’étais vraiment. J’ai dû m’abandonner complètement sous sa grâce et lui faire totalement confiance.

J’ai passé des journées entières à intercéder, à pleurer, à combattre les ennemis de mon âme. De révélations en révélations, les choses cachées venaient à la lumière de Christ et je pouvais alors en être libérée. Cela a duré des années.

Dans sa grâce, Dieu a placé dans ma vie des piliers : mon mari, mon pasteur et son épouse et des frères et soeurs en Christ qui ont pu me soutenir et m’accompagner à des moments précis durant ces temps éprouvants, avec amour et patience. Ils ont été des balises très précieuses dans ce cheminement de restauration. A travers eux, Dieu voulait aussi restaurer mon rapport aux hommes.

C’est ainsi qu’il  a brisé le joug de la honte. Il a brisé le joug de l’illégitimité. Il a brisé le joug de la malédiction. Il a brisé la puissance de la mort et du péché. Il m’a délivrée. Il a restauré l’image du Père. Il a fait de moi sa fille. Il m’a donné un nom nouveau. Il m’a restaurée dans mon identité d’épouse et de mère. Il a placé en moi sa paix, son amour profond et m’a permis de retrouver mon identité perdue. Il m’a donné un but et une destinée. 

« Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. » 2 Corinthiens 6 : 18

Il a répondu à mes questions les plus profondes, il m’a révélé la puissance de l’œuvre de la Croix dans ma vie et les crises d’angoisse ce sont alors définitivement arrêtés.

Là où je n’y croyais plus, là où je me croyais condamnée à être prisonnière toute ma vie à cause du traumatisme vécu étant enfant : Jésus-Christ m’a complètement restaurée de fond en comble.

Les crises d’angoisse = fini

La dépression chronique = fini

Les douleurs physiques handicapantes = fini

la fatigue chronique qui me clouait au lit = fini

Les crises de rage = fini

La haine envers moi et envers ma mère = fini

J’ai appris à prendre soin de moi, à être à l’écoute de mes besoins, à respecter les temps de repos, à ne plus être dépendante de l’approbation des autres, à me positionner avec justesse, à développer mon écoute de Dieu, à entrer et n’agir que depuis le lieu de son repos, à cultiver l’amour et la paix.

Ce chemin est le chemin de toute une vie, c’est pourquoi il est important d’avoir des lieux d’encouragement, d’enseignement solide et de pratique spirituelle. 

« Je veux que tu te mettes à nue pour mes filles.»

Cette parole prophétique je l’ai reçu quelques mois avant le temps d’isolement que je viens de vous partager. J’étais dans ma voiture en train de louer Dieu, je rentrais du travail un soir d’automne, il faisait nuit et il pleuvait. Et puis d’un coup, j’ai eu une vision : je vis un château de cartes devant mes yeux, puis un énorme pied a mis un coup et toutes les cartes sont tombées. C’est alors que la voix a retentit : « Je me fiche de tes compétences, ce que je veux c’est que tu te mettes à nue pour mes filles ! »

Je me rappelle avoir balbutié quelque chose comme : « mais Seigneur c’est trop précis ce que tu me demandes, qui cela va t-il intéresser ! » Et Il m’a répondu : « Beaucoup de mes filles ont vécu ce que tu as vécu. »

J’étais tétanisée. J’ai tout de suite compris ce que Dieu me demandait : faire tomber le masque du secret.

A l’époque j’avais tellement travaillé dur mon apparence extérieure pour paraître forte, sûre de soi, que jamais personne n’aurait pu soupçonner mon effroyable secret, et c’était très bien ainsi. Je travaillais, je servais à l’Eglise et je contrôlais mon image et ma carapace jusqu’au bout des ongles. Cette parole était impossible à entendre pour moi. Personne ne devait connaître mon secret, ma faille. Cette idée venait activer de fortes angoisses intérieures.

Tu me demande de témoigner ? C’est à dire prendre le risque de me découvrir, d’être vulnérable, de me mettre à nue, d’ouvrir mon intime ? Autant mourir immédiatement.

«Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort.» Apocalypse‬ ‭12:11‬

De ce parcours, Jésus a restauré la femme que j’étais appelée à être pour être un instrument auprès d’autres femmes, ses filles mais également de son corps. J’ai évolué dans mon service à l’église. Je ne venais plus pour recevoir seulement mais pour transmettre ce que j’avais reçu. Le Seigneur m’a poussée à libérer le témoignage et les enseignements que j’ai reçu durant mon parcours de délivrance et de guérison. Ce sont ces enseignements que je transmets lors de conférences, séminaires et retraites spirituelles.

Ce que je porte : libérer, restaurer et lever les femmes dans leur leadership afin d’impacter l’environnement où Dieu les a placées, lever des ESTHER dans cette génération.

Là où la société nous appelle survivantes, borderlines, dépressives, bipolaires, hypersensibles ou autres, en Christ nous pouvons trouver le chemin de la vie et ne plus survivre mais réellement VIVRE en étant rempli de Sa paix, de Sa joie, de Son amour. Être victorieuse. Ça n’a pas de prix.

C’est ainsi qu’en 2018, j’ai démarré le ministère auprès des femmes à travers TALITHA KOUMI MINISTRY

Depuis 2021, j’écris un livre (avec beaucoup de combats) sur le processus de restauration du trauma de l’inceste vécu depuis l’intérieur, pour la libération de beaucoup de filles de Dieu ! J’espère qu’il verra bientôt le jour !

Jésus parle encore aujourd’hui :

TALITHA KOUMI, jeune femme, lève-toi, je te le dis !

 

Je te partage un texte qui m’a vraiment fortifiée au cours de ce processus de restauration et que j’ai reçu à un moment où le combat intérieur était très intense, comme une lueur d’espoir, une puissante marque d’amour, comme si Dieu, par sa Parole, vivante, vivifiante me disait :

« Pour l’amour de [toi] je ne me tairai point, pour l’amour de [toi] je ne prendrai point de repos, jusqu’à ce que [ton] salut paraisse, comme l’aurore, et [ta] délivrance, comme un flambeau qui s’allume.

Alors les nations verront ton salut, et tous les rois ta gloire ; et l’on t’appellera d’un nom nouveau, que la bouche de l’Éternel déterminera.

Tu seras une couronne éclatante dans la main de l’Éternel, un turban royal dans la main de ton Dieu.

On ne te nommera plus délaissée, on ne nommera plus ta terre désolation ; mais on t’appellera mon plaisir en elle, et l’on appellera ta terre épouse ; car l’Éternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux. »

Ésaïe 62 :1-4

 

Avec amour,

stephanie

✔️Pour aller plus loin et entrer dans une dimension nouvelle avec Dieu, je t’encourage à participer à l’Académie d’Esther

✔️Je me déplace avec joie sur demande pour exercer le ministère d’édification, de libération et de guérison que le Seigneur m’a confié, vous pouvez me CONTACTER pour organiser une intervention

2 Replies to “”

  1. Bonjour Stéphanie j’ai moi aussi connu l’inceste avec mon demi frère j’étais abusé sexuellement par divers cure catholique car abandonné par mes parents j’ai connu différents institutions religieuses… Je recherchais l’amour je me j’étais dans les bras des hommes en croyant qu’ils m’aimeraient j’ai donc eu une fille. Je me suis marié j’ai eu encore 2enfants un garçon et une fille de cette union. Mon ex mari était alcoolique et violent j’ai connu le mépris et le rejet depuis mon enfance.jaurais tellement de choses à raconter.aujourdhui mon cœur appartient à christ.j’avance par sa grâce. Merci beaucoup pour votre encouragement soyez bénie

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    1. Merci Liliane pour votre partage que je ne découvre que maintenant 🙏🏻 C’est vraiment terrible le nombre de femmes que nous sommes à avoir subi ces atrocités… il n’y a que l’Amour et la Justice du Père qui puisse venir consoler, panser, guérir et libérer un cœur meurtri. Demeurez abondamment bénie 🌺

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