Témoignage

Je dédie ce témoignage à toutes celles qui souffrent en silence. Celles qui n’osent peut-être même plus exprimer leur souffrance. Celles qui sont encore dans les tourments. Celles à qui on a tout volé, jusqu’à leur identité. Celles qui ont été tellement brisées, qu’elles ne savent plus quelle est leur valeur ni ce que vaut leur vie.

Que ce témoignage authentique puisse faire couler la grâce de Dieu sur ta vie.

Survivante de l’inceste, Jésus-Christ m’a délivrée, a restauré ma vie et mon identité.

J’ai été abusée sexuellement par mon père à partir de l’âge de 5 ans jusqu’au jour où j’ai trouvé le courage de lui dire non : j’avais 15 ans.

Conçue alors que mon père était déjà marié à une autre femme, j’ai grandi entre l’abus, son caractère irascible, maniaco-dépressif et une mère totalement absorbée par son travail avec laquelle je n’avais malheureusement aucun lien maternel.

Très docile durant mon enfance, je suis entré dans l’adolescence avec la rébellion en guise de bannière, dans la plus grande des confusions et avec une notion de l’amour complètement viciée. Je n’avais rien ni personne pour me raccrocher, alors je n’ai pu compter que sur moi-même… mais ce qui était à l’intérieur de moi m’effrayait.

Écorchée vive, j’ai dû déployer des stratégies internes pour survivre : déni, amnésie, dissociation, clivage… des mécanismes morbides qui m’ont, à l’époque, permis de rester debout et d’entrer dans une forme de résilience. L’humour et l’autodérision étaient mes plus grandes armes au milieu de mon chaos intérieur.

A 17 ans je suis tombée amoureuse du jeune homme qui deviendra plus tard le père de mes deux garçons. Je me suis accrochée à lui. J’étais déterminée à tirer un trait sur mon passé, fuir ma famille d’origine et construire mon propre cocon familial qui devait ressembler à l’image d’Épinal que je m’en faisais : un foyer rempli d’amour.

Malheureusement cela ne s’est pas passé comme je l’imaginais…

A peine installée, alors que je passais mon BTS, j’ai perdu mon petit frère dans un violent accident de train. J’avais déjà vécu deux deuils douloureux (mes grands-parents qui étaient pour moi des figures importantes) et j’avais vraiment l’impression que le sort s’acharnait contre moi.

Je ne vivais pas, je survivais. J’étais en proie à des émotions très violentes, qui pouvaient me terrasser subitement et pour plusieurs semaines, je voulais construire, mais j’étais conditionnée à l’autodestruction… Dépression, fatigue chronique, somatisations, douleurs, amertume, haine de soi, hypervigilance, honte, distorsions cognitives, culpabilité, confusions… Ma vie était une lutte intérieure incessante qui m’épuisait.

J’avais au fond de mon cœur envie d’aimer et d’être aimée, de vivre normalement, j’avais tout pour, mais j’en étais incapable à cause du traumatisme qui avait saccagé mon âme, mon esprit et mon corps.

« Avoir vécu l’inceste est tellement honteux, tellement tabou, que l’on essaie à tout prix que cela ne se sache jamais. Comme cela ne se voit pas, c’est d’autant plus facile de construire une épaisse carapace qui devient plus tard une solide forteresse. »

Mais on a beau vouloir cacher… notre âme crie sa souffrance par tous les moyens en sa possession.

A la naissance de mon premier fils, j’ai été submergée par une réminiscence émotionnelle tellement intense que j’ai alors décidé d’entamer un chemin de guérison et de rompre le silence envers mon entourage. Ce « coming out » n’a pas eu l’effet escompté et j’ai alors rencontré de nombreux psychologues sur une durée de plusieurs années. Je ne dirais pas que cela ne m’a pas aidé, mais aucun n’était véritablement formé à la prise en charge des victimes d’inceste ce qui leur faisait commettre des impairs qui m’empêchait de poursuivre le travail.

[Note : comme la confiance en une figure censée protéger a été très altérée au cours de l’abus, la victime devient hypervigilante et repère les moindres signes qui pourraient anticiper une éventuelle trahison ou un intérêt quelconque. Lorsque cela arrive, la relation est alors rompue.]

Je ressassais sans cesse intérieurement ce que j’avais vécu. Le trauma vivait avec moi au quotidien. Malgré le fait que j’avais un compagnon, une certaine stabilité et un travail que j’aimais et dans lequel je m’épanouissais, les tourments intérieurs étaient là en permanence et j’étais comme en perpétuel combat avec moi-même et avec la vie. Je faisais tout pour que cela ne se voit pas à l’extérieur et j’étais très dure vis-à-vis de moi-même.

Ce qui est terrible c’est que tout cela est réellement invisible. Les personnes et même l’entourage le plus proche ne comprennent pas ce qui cloche et peuvent devenir rejetantes ou exigeantes, ce qui aggrave l’état des relations.

« Être survivante, c’est vivre un calvaire au quotidien que personne ne peut soupçonner. »

Tout va bien et puis d’un seul coup, on peut être submergée par une émotion trop forte ou un stress intense qui déclenche une somatisation (la douleur est réelle mais on ne trouve pas la cause car elle est psychosomatique) ou une crise d’angoisse. Le moindre geste, la moindre odeur, la moindre remarque ou intonation peut provoquer un tsunami interne, en lien avec la mémoire traumatique, et cela est totalement inconscient et hors de contrôle. [Note : ces symptômes sont communément reconnus sous le terme « syndrome de stress post traumatique ».]

C’est vivre dans un enfer quotidien.

« Ils portent une blessure invisible, qu’ils ne peuvent oublier car c’est cela que le corps cicatrise le moins bien, les maladies qui n’ont pas de nom. Elles se taisent et n’osent rien avouer. » Yves Simon

Je voulais comprendre pourquoi j’avais vécu tout cela. Pourquoi ma vie était gâchée à cause de ce que j’avais subi. Pourquoi moi ? Comme j’aimais Dieu de tout mon cœur depuis toute petite, je le cherchais désespérément dans tous les courants spirituels.

J’avais grandi dans la foi catholique, transmise par ma grand-mère maternelle, mais l’avais rejetée à l’adolescence pour aller explorer l’islam puis les philosophies orientales comme le bouddhisme, l’hindouisme, … J’étudiais également les courants psychologiques, puis de fil en aiguille, je me suis retrouvée dans un chemin empreint de mysticisme mêlant énergie universelle, occultisme et new age. Je cherchais le but de mon existence !

Au fur et à mesure, je dominais de mieux en mieux mes états d’âme et cela me donnait l’impression d’être sur la bonne voie. Je n’avais pas conscience qu’au contraire… je m’enlisais ! En réalité, je ne faisais qu’ouvrir des portes et renforcer mes forteresses.

C’est en 2011 que je l’ai vraiment réalisé : après 17 ans de vie commune et 2 enfants, je me séparais de mon compagnon. Ce fut un choc terrible pour moi. Tout ce que j’avais construit par mes propres forces si difficilement s’effondrait sous mes pieds.

C’est ainsi que, devenue maman à mi-temps, je profitais de mes moments seules pour sortir et faire de nouvelles rencontres éphémères, ce qui me convenait très bien puisque je ne voulais plus m’attacher à qui que ce soit.

Je me suis alors faite la promesse suivante : plus aucun homme ne pourrait avoir mon cœur. Jamais plus.

Mais ça, c’était sans compter le plan de Dieu pour ma vie ! Cette période ne durera pas longtemps puisqu’en 2012 j’ai rencontré un homme qui viendra annuler cette promesse !

Au bout de quelques mois de fréquentations il m’offrit une Bible. Je dois avouer que ce cadeau ne m’a pas beaucoup emballée… j’avais l’impression d’avoir atteint une connaissance spirituelle si avancée et ce livre me paraissait si poussiéreux !

Mais voilà que par le plus grand des miracles, je l’ai ouvert à mes heures perdues.

A chaque lecture, j’étais troublée par ce que je lisais. Je retrouvais des concepts utilisés dans les philosophies orientales et le new age mais avec beaucoup plus de profondeur et de vérité. Quand j’ai commencé à lire les Évangiles ça a été l’explosion… ce Jésus que j’avais tant rejeté à l’adolescence possédait des qualités que j’avais complètement occultée malgré mes années de catéchisme et mes communions.

Je conservais dans ma pensée un souvenir de Jésus faible, impuissant, gentillet et j’ai découvert à travers mes lectures un homme affirmé, saint, rempli d’amour, de vérité, de fidélité et de justice… au fil de mes lectures je tombais de plus en plus amoureuse de ce Jésus que je redécouvrais et je prenais conscience de ma condition et de toute ma vie loin de Dieu, moi qui l’aimais tant !

Deux mois plus tard je lui donnais ma vie. Sept mois plus tard je prenais mon baptême et trois mois encore après j’épousais l’homme qui m’avait offert la Bible.

« Je vais te guérir pour que tu puisses guérir les autres.»

Quand cette parole a retentit dans mon cœur, je n’étais encore qu’une jeune convertie et je ne l’ai pas comprise. J’ignorais tout du ministère de Christ et de l’œuvre du Saint Esprit.

En 2015 notre fille naquit, et les tourments commencèrent à revenir ! J’étais assaillie de pensées négatives et des vagues d’émotions et de dépression m’envahissaient à nouveau. Au début j’étais désemparée, je résistais puis j’ai fini par comprendre qu’un travail de restauration était en train de s’accomplir en moi, alors j’ai coopéré.

Dieu m’a permis de revisiter chaque détail de ma vie. Il a réalisé un travail chirurgical dans mon être intérieur. Il a arraché toutes les racines d’amertume, de confusion, de rébellion, d’injustice, de haine, d’abandon, de trahison, d’humiliation, de rejet, de peur etc…

J’ai dû affronter la vérité. J’ai dû, avec la lumière du Saint-Esprit, me confronter à ce qu’il y avait à l’intérieur de moi pour découvrir qui j’étais vraiment. J’ai dû m’abandonner complètement sous sa grâce et lui faire totalement confiance.

J’ai passé des journées entières à intercéder, à combattre les ennemis de mon âme. De révélations en révélations, les choses cachées venaient à la lumière de Christ et je pouvais alors en être libérée. Cela a duré des mois.

Dans sa grâce, Dieu a placé dans ma vie des piliers : mon mari, mon pasteur et son épouse et des frères en Christ qui ont pu me soutenir et m’accompagner durant ces moments éprouvants, avec amour et patience. Ils ont été des balises très précieuses dans ce cheminement de restauration. A travers eux, Dieu voulait aussi restaurer mon rapport aux hommes.

C’est ainsi qu’il …

… a brisé le joug de la servitude. Il a brisé le joug de l’illégitimité. Il a brisé le joug de la malédiction. Il a brisé la puissance de la mort et du péché. Il m’a délivrée. Il a restauré l’image du Père. Il a fait de moi sa fille. Il m’a donné un nom nouveau. Il m’a restaurée dans mon identité d’épouse et de mère. Il a placé en moi sa paix, son amour profond et m’a permis de retrouver mon identité perdue. Il m’a donné un but et une destinée.

« Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. » 2 Corinthiens 6 : 18

Il a répondu à mes questions les plus profondes, il m’a révélé la puissance de l’œuvre de la Croix dans ma vie et les tourments ont fini par cesser.

Là où je n’y croyais plus, là où je me croyais condamnée à être prisonnière toute ma vie à cause du traumatisme vécu étant enfant : Jésus-Christ m’a complètement restaurée !

C’est ainsi que petit à petit Dieu a déposé au fond de moi un fardeau et a commencé à m’utiliser pour panser les cœurs brisés, proclamer une année de délivrance aux captifs et équiper les femmes au travers de Talitha Koumi Ministry.

« Je veux que tu te mettes à nue pour mes filles.»

Lorsque cette parole a retentit dans mon esprit, j’ai été tétanisée. C’était en 2017 et j’ai tout de suite compris ce que Dieu me demandait : faire tomber le masque du secret.

A l’époque j’exerçais encore mon métier et j’avais tellement travaillé dur mon identité professionnelle, que jamais personne n’aurait pu soupçonner mon effroyable secret, et c’était très bien ainsi. Je contrôlais mon image jusqu’au bout des ongles, j’étais perfectionniste et cette parole était impossible à entendre pour moi. En vérité cela venait titiller de fortes angoisses intérieures.

Témoigner ? C’est à dire, dévoiler mes secrets, prendre le risque de me découvrir, d’être vulnérable, de me mettre à nue, d’ouvrir mon intime : autant mourir immédiatement !

Le temps est passé et Dieu a encore plus travaillé mon cœur dans le dépouillement.

Je me lève donc aujourd’hui comme témoin, dans l’obéissance, afin de briser le silence et la loi du tabou et d’être une porteuse d’espoir pour toutes celles qui ont vécu l’impensable dans leur enfance. Toutes celles qui se battent contre elles-mêmes et la vie.

Là où la société nous appelle « survivantes », en Christ nous pouvons trouver le chemin de la vie et ne plus survivre mais réellement VIVRE !

Il ne m’a pas guérie en surface, il m’a complètement restaurée : corps, âme et esprit !

Il m’a fait devenir la femme que j’étais appelée à être !

Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement et ce qu’il a fait pour moi, pour d’autres, il peut le faire pour toi, sois en certaine ! Que toute la gloire soit rendue à Jésus-Christ qui nous poursuit de son amour extravagant !

Je te partage un texte que j’ai reçu à un moment où le combat intérieur était très intense, comme une lueur d’espoir, comme si Dieu, par sa Parole, vivante, vivifiante me disait :

« Pour l’amour de [toi] je ne me tairai point, pour l’amour de [toi] je ne prendrai point de repos, jusqu’à ce que [ton] salut paraisse, comme l’aurore, et [ta] délivrance, comme un flambeau qui s’allume.

Alors les nations verront ton salut, et tous les rois ta gloire ; et l’on t’appellera d’un nom nouveau, que la bouche de l’Éternel déterminera.

Tu seras une couronne éclatante dans la main de l’Éternel, un turban royal dans la main de ton Dieu.

On ne te nommera plus délaissée, on ne nommera plus ta terre désolation ; mais on t’appellera mon plaisir en elle, et l’on appellera ta terre épouse ; car l’Éternel met son plaisir en toi, et ta terre aura un époux. »

Ésaïe 62 :1-4 (les [] indiquent une adaptation personnelle de ce passage)

Avec amour,

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Ce témoignage t’a touchée, tu as envie de me poser des questions, NE RESTE PAS SEULE, n’hésite pas : CONTACTE-MOI

Pour aller plus loin et investir dans ta guérison, je t’encourage à participer à une RETRAITE 3A où tu pourras déposer tes fardeaux, être libérée du poids de la honte et de la culpabilité, dans un cadre sécurisant et bienveillant, INFO ICI

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